Il est loin, le temps où le choix de peintures à maquettes
se limitait à Humbrol, point ... Aujourd'hui, il existe de nombreuses
gammes et un éventail de teintes très large.
Il existe deux types principaux de peinture à maquette.
La peinture "émail" ("enamel" en anglais) est à base
d'huiles et se dilue avec des essences telles que le white-spirit,
l'essence F, l'acétone, l'essence à briquet, l'essence de térébenthine, ou
plus sûrement avec le diluant proposé par le fabricant de la gamme. C'est
la peinture des origines (avec Humbrol). Quel que soit le mode
d'application, elle est en général rapidement sèche au toucher, mais
continue de travailler pendant au moins 24 heures: si on applique des
couches trop épaisses et rapprochées dans le temps, il se peut que la
couche inférieure ne sèche jamais (résultat probable: d'horribles traces
de doigts impossibles à faire disparaître, si ce n'est en décapant et en
recommençant). En règle générale, les teintes mates sont plus rapidement
"hors poussière" que les teintes brillantes.
La peinture acrylique (exemple Gunze) est plus récente,
elle se dilue à l'eau ou à l'alcool, quoique ce dernier ne réagisse pas
très bien avec toutes les gammes (L'intérêt de l'alcool est une certaine
pureté - mais on peut aussi employer de l'eau distillée -, et sans doute
une tension superficielle moindre que celle de l'eau). Ces peintures
sèchent en général très rapidement. Les outils (pinceau ou aérographe) se
nettoient à l'eau, plus ou moins facilement selon les marques, mais c'est
quand même bien pratique (personnellement, c'est uniquement pour cette
raison que j'utilise presque exclusivement des acryliques à l'aérographe).
L'utilisation de l'un ou l'autre de ces types de
peintures est une affaire de goût personnel et de circonstances. En ce qui
me concerne, j'utilise de l'émail (Humbrol non dilué) au pinceau pour la
peinture des détails/des intérieurs, et de préférence une acrylique à
l'aérographe (n'importe laquelle, il s'agit surtout de trouver la bonne
teinte pour éviter d'avoir à faire des mélanges) pour les extérieurs/les
grandes surfaces. Pour des applications particulières tels que les jus et
les brossages à sec, il semble que l'émail soit mieux adaptable en règle
générale (cf les articles concernés).
D'autres types de peintures peuvent également être
employés:
- la peinture à l'huile d'artiste (exemple Windsor &
Newton) a un temps de travail très long (jusqu'à plusieurs jours), ce qui
la rend quasiment incontournable pour des effets de fondu tels qu'on peut
en voir sur les figurines, effets qui sont difficiles
à l'acrylique ou à l'émail (quoique certains y arrivent très bien). Les techniques sont un peu
plus ardues que pour les autres peintures et demandent sans doute plus
d'apprentissage (il existe des livres entiers sur le sujet), mais le jeu
en vaut la chandelle. Difficultés inhérentes à ces peintures: d'une part,
la plupart des teintes doivent être obtenues par des mélanges, c'est
relativement subtil et une certaine connaissance de la "roue des couleurs"
est très utile: mais je trouve ce travail de recherche plutôt intéressant.
D'autre part, le fini est plutôt brillant: pour représenter du tissu, ça
fait bizarre ... Dans ce cas, une couche de finition de vernis mat est
indispensable.
Autre utilisation assez courante de ces peintures: la patine des
maquettes, en application directe (traces d'huile, de boue, etc ...), ou
via des jus, après dilution (en principe les diluants sont les mêmes que
pour la peinture à maquette, mais par sécurité il vaut mieux se limiter à
des produits bien adaptés comme la térébenthine d'artiste, voire l'essence
à briquet - c'est ce que j'emploie).
- la gouache: trop négligée par les maquettistes à mon
sens. Elle est disponible partout, pas chère, pratique et propre (se dilue
à l'eau). Elle a un fini ultra-mat qui peut être intéressant. Elle est
aussi assez fragile, relativement peu couvrante, et impossible à appliquer
sur une maquette en l'état à cause de la tension superficielle de l'eau
utilisée comme diluant: il faut la mélanger soit à du fiel de boeuf (la
solution artistique), soit avec quelques gouttes de simple savon de
Marseille (ce qui me convient très bien), et se contenter de l'utiliser
pour des jus, à part sur les figurines peut-être. Dernière chose: comme
pour les huiles, ne cherchez pas l' "olive drab", il faudra vous le faire.
Ce n'est pas difficile ... quand l'on sait qu'il faut partir d'un
mélange de noir et de jaune et que le vert sera probablement inutile: je
doute que ce soit évident pour tout le monde.
- les laques "industrielles" telles que les peintures
pour automobiles: elles attaquent le plastique et sont donc à proscrire, à
moins d'utiliser une couche d'apprêt compatible (et encore ...). Ceci dit,
si vous ne faîtes, disons, que des blindés américains de la dernière
guerre ou que des Ferrari, il peut être intéressant de vous fabriquer un
mélange de votre couleur préférée (ou de la trouver telle quelle -
possible pour le rouge Ferrari, mais je doute que l'olive drab soit encore
au catalogue des fabricants): vous en aurez pour toute une vie.
- les encres d'artistes sont intéressantes également
pour des jus, et il existe des produits semblables chez certains
accessoiristes (exemple "Tensiocrom" de LifeColor).
